1618

Cette année-là, commence le véritable règne de Louis XIII à l’âge de 16 ans. Quelques mois plus tôt, il avait fait assassiner Concini, aventurier italien et « éminence grise » de sa mère la Régente, Marie de Médicis, qui signe alors qu’elle se soumet à la volonté du roi, tout en poursuivant contre lui une « guerre folle » qui s’éternisera jusqu’en 1620.

Une brochure de l’époque citée dans le Tome 4 de L »Histoire de la France et des Français au jour le jour » par A. Castelot et A. Decaux (1976) résume ce qu’est la famille française et les rapports de force entre époux :
 » Quatre choses sont bonnes en un logis: bonne cheminée, bonne gélinière, bon chat et bonne femme.
– Quatre choses doit faire un mari à sa femme : la tenir en crainte, la maintenir en santé de l’âme et du corps, lui porter amour et l’habiller honnêtement.
– Quatre choses doit faire la femme à son mari : l’aimer avec plaisir et patience, ne lui répondre point quand il est fâché, le tenir en bon régime de vivre et le tenir net.
– La femme doit avoir quatre qualités : honnête en son allure, soigneuse en son ménage, dévote à l’église et obéissante à son maître. »

Pierre-Paul Riquet, quant à lui, va fêter ses neuf ans et fait des études au Collège jésuite de Béziers. S’il manifeste un grand intérêt et une réelle aptitude pour les sciences et les mathématiques, il se refuse à apprendre le latin et le grec ou même le français, préférant s’exprimer en Occitan, la « Langue d’Oc », et même quelquefois en bégayant. Il admettra même plus tard n’avoir jamais reçu de formation d’ingénieur.

Le 2 mai 1618, le Conseil des Sages de la ville Béziers se réunit et examine le projet de Bernard Arribat qui propose de relier les eaux de la Garonne et celles de l’Aude par un canal.

Le « Conseil des Trente » le refuse à l’unanimité moins une voix, Guillaume, le père de Pierre-Paul est le premier : il en ricane et ridiculise Arribat ! Mais, ironie du sort, un homme, seul contre tous, approuve le projet ; cet homme c’est Jehan de Milhau, le futur beau-père de Pierre-Paul.

Peut-être est-ce à ce moment là que l’idée commence à germer dans la tête du jeune Biterrois qui plus tard dira:  » J’ai un canal en tête, il faudra bien qu’il en sorte ! »

Jean-Pierre Janier

(sources de cet article : 4ème volume de Histoire de France et des Français au jour le jour – 1547- 1643 – Vers la monarchie absolue – Librairie Académique Perrin – 1976 de MM. A. CASTELOT et A.DECAUX)