1622

Cette année-là, René Descartes parcourt l’Europe pour étudier dans « le livre du monde ». Il vient de découvrir une méthode universelle pour la recherche de la vérité qui le mènera, quinze ans plus tard, au Discours de la Méthode (pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences). Il y affirmera alors que  » le bon sens est la chose de monde la mieux partagée » !

La même année, un an avant Blaise Pascal, l’auteur des Pensées, et un an après le fabuliste Jean de La Fontaine, naît Jean-Baptiste Poquelin qui deviendra Molière. Ces derniers railleront la société du Grand Siècle et la préciosité qui sévit depuis 1600 et fait florès dans la « Chambre bleue » de l’Hôtel de Rambouillet, centre du bon goût et de la bienséance, sous l’égide de Catherine de Vivonne, « l’incomparable Arthénice » et de ses filles… (Consulter Lagarde et Michard du XVIIe Siècle)

Le Français moyen, quant à lui, ne (sur)vit pas que de nourritures spirituelles, loin de là, mais de bonne chère : il mange de tout en quantité plutôt qu’en qualité et arrose le tout à l’identique, mais très inégalement et, tandis que les uns font bombance, les autres sont miséreux. Globalement cependant, le royaume coule des temps moins malheureux.

Dès 1620, tandis qu’une centaine de puritains anglais débarquent du « Mayflower » aux Amériques et fondent Plymouth en Nouvelle-Angleterre, une assemblée protestante se réunit à La Rochelle, sous le commandement d’Henri de Rohan et répond à la déclaration de lèse-majesté du roi en organisant, en mai 1621, la guerre civile. Louis XIII riposte et occupe de nombreuses places protestantes : Saumur, Thouars, Parthenay … et en août, l’armée royale assiège Montauban, mais mise à mal, elle doit quitter la ville après avoir perdu la moitié de ses troupes.

En avril 1622, le roi ne perd que cinq hommes à Croix-de-Vie et anéantit 2500 protestants. Les mois suivants, il s’empare de Royan, Nègrepelisse, signe le compromis de Béziers en juillet et, en octobre, la paix de Montpellier confirme l’Edit de Nantes.
(Voir tome 4 de l’ouvrage de MM Castelot et Decaux déjà cité.)

Riquet a treize ans et, avec son parrain, François de Portugniares et son ami Paul Mas, il chevauche Minervois et Cabardès où abondent les ruisseaux. Peu à peu, il se convainc de la faisabilité d’un canal grâce à tous ces ruisselets qui pourraient faire une grande rivière…et ce canal, il le fera, c’est ce qu’il promettra quelques années plus tard à Jehan de Milhau sur son lit de mort en lui demandant la main de sa fille Catherine. Nous y reviendrons ultérieurement.
(Lire l’ouvrage de Jeanne Hugon de Scœux « Le Chemin qui Marche » aux Editions Loubatières.)

Jean-Pierre Janier

(sources de cet article : 4ème volume de Histoire de France et des Français au jour le jour – 1547- 1643 – Vers la monarchie absolue – Librairie Académique Perrin – 1976 de MM. A. CASTELOT et A.DECAUX)